Le village actuel d’Olloix comporte 300 habitants, il est
construit le long de la route départementale 74 à 25
kilomètres au sud-ouest de Clermont-Fd, le bas du village est
à une altitude de 790m et le haut à 870m. Le puy
d’Olloix qui domine le village dépasse de peu les 1000m
d’altitude. La rue principale est certainement une ancienne voie
romaine qui allait de Vichy au Mont Dore en passant par Aigueperse,
Clermont, Olloix, le Chambon et le Puy de l'Angle. En 1834 la commune
d'Olloix qui comprenait alors Cournols, Chabanes et Riberolles
comportait 1150 habitants; il n'y avait alors aucune route
"carrossable" menant à Olloix, il a fallu attendre 1865 pour
voir l'ouverture de la première entre Olloix et Chaynat. Pour
aller à St-Amant, le chef lieu du canton, il fallait prendre le
chemin muletier qui partait en direction de St-Sandoux vers ce qui
aujourd'hui s'appelle "la grange à Paulus" .
Les premiers peuplements, au néolithique, eurent lieu à
l’extrémité nord-est du plateau de Liauzun qui est
situé à environ deux kilomètres a l’est du
village actuel en face du monastère de Randol . Barrant
l’éperon, les Arvernes y établirent un
oppidum sur une surface approximative de 200m de long sur 100m de
large. Un village s’y établit au haut Moyen Age : les
hameaux de Randol et de Chaynat dépendaient alors de
l’église paroissiale d’Olloix.
La commanderie d'Olloix
Délaissant ce site primitif, une commanderie va
s’établir sur l’emplacement du haut du village
actuel. Bien que son origine soit inconnue, la présence
d’élément romans dans l’église laisse
supposer qu’elle existe depuis le XIIème ou au moins
le début du XIIIème siècle. La dédicace de
l’église à Saint Jean-Baptiste laisse à
penser que ce fut d’emblée une création des
Hospitaliers. Si la tête de la commanderie resta à Olloix,
le commandeur décida, à la fin du XVIIème
siècle ou au début du XVIIIème, d’aller
s’installer dans la dépendance de Chaynat (on dit un
membre et il y en a 8 autres : Aydat , Montauzun, Espinasse, Gailloux,
Diane, Clémensat, La Sauvetat, Polagnat). En mauvais état
le château est alors en grande partie détruit.
L’état de 1450.
On possède un dessin de la commanderie dans l’armorial de Revel
que l’on peut interpréter en fonction du plan cadastral du
début du XIXème siècle. Le centre de la
commanderie (vue ici du sud-ouest) est occupé par un
château (derrière l’église , on peut
voir actuellement les restes de la tour nord-ouest et une partie du
rempart). Entre les deux tours, la façade occidentale correspond
à un corps de logis (rez de chaussée avec cuisine et
grande salle, trois salles au premier étage dont une pour le
commandeur). Autour de la cour centrale il y a trois autres corps de
logis à destination résidentielle ou utilitaire. Le
château proprement dit est protégé par une enceinte
extérieure composé d’un mur bas et d’un
fossé. L’église s’élève dans
l’angle sud-ouest de l’enceinte ; elle aurait
été composée de deux chapelles superposées,
celle du haut étant réservée au commandeur.
L’état vers 1810

Sur le cadastre napoléonien du début du 19ème siècle on distingue encore nettement l'emprise de la commanderie d'Olloix
L’état de la commanderie de nos jours
De
nos jours il ne reste plus que quelques vestiges de la commanderie
d'Olloix, essentiellement un reste de tour et un pan de la muraille.
Comme ces ruines se trouvent sur une propriété privée dont le propriétaire est opposé à toute visite,
il ne faut donc pas compter visiter quoique soit d'autre que l'église
d'Olloix dont le choeur est composé de la chapelle médiévale. |  |
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L’église d'Olloix

L'église et le Puy d'Olloix |

L'église, le vieux cimetière et la montagne de la Serre |
L’édifice roman comportait une nef sans
bas-côté, un chœur et une chapelle sur le
coté droit. Au XVIIIème siècle on a refait
la nef et construit une sacristie. Au XIXème siècle, on a
établi des collatéraux et la chapelle de gauche, ainsi
que le clocher-porche qui est juxtaposé à une petite tour
ancienne qui donnait peut-être accès à la chapelle
haute.
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On remarquera sur la façade sud les mordillons
sculptés.
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Au l’entrée de la nef sur la gauche on trouve le gisant de
d’Odon de Montaigu, grand prieur de la langue d’Auvergne
jusqu’en 1323. A ses pieds le chien symbolisera
fidélité. L’arc en berceau brisé, qui marque
l’entrée du chœur, repose sur deux chapiteaux
sculptés : à droite une tête sort de grandes
feuilles, à gauche un arbre. Dans la chapelle de droite il y a
une copie de piéta qui serait un ex-voto offert par des hospitaliers qui
l’aurait rapporté de Rhodes
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Dans le chœur on trouve
deux tableaux : le baptême du Christ et
l’ensevelissement.
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Autres curiosités
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A l’Ouest de l’église dans une petite chapelle on
peut voir une Vierge portant l’enfant Jésus
d’époque renaissance.
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Au nord la montée sur le puy d’Ozenne offre une vue
générale sur la commanderie, de son sommet à 914m
on possède une vue remarquable sur les gorges de la Monne
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Par le GR 30 qui suit l’ancien chemin conduisant à
Cournols on accède au pittoresque pont de Riberolles et aux
ruines d’un village de meuniers. Jusque vers 1860 le village de
Cournols faisait partie de la commune d’Olloix.
| De Jérusalem à Rome : les Hospitaliers |
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Sous la domination musulmane, des marchands italiens
construisirent, face au Saint-Sépulcre un hopital
dédié à Saint Jean-Baptiste. En 1113 les
Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem deviennent un ordre
religieux ; comme signe distinctif ils portent une croix blanche cousue
sur leur vêtement noir. Tout en conservant leur fonction
hospitalière ils vont jouer un rôle militaire.
Après la prise de Jérusalem par Saladin en 1187 ils
vont s’installer à Saint-Jean d’Acre, toujours en
Palestine puis sur l’île de Chypre en 1291 puis enfin sur
celle de Rhodes de 1308 à 1522. Chassés par les turcs
après la prise de Constantinople et la chute de l’empire
d’Orient il vont s’installer sur l’île de Malte
d’où ils vont défendre contre les turcs le bassin
occidental de la Méditerranée. Les hospitaliers
sont divisés en huit régions ou langues : Provence,
Auvergne, France, Italie, Aragon-Navarre,
Castille-Léon-Portugal, Angleterre et Allemagne. La langue
d’Auvergne ne comportait qu’un grand prieuré avec 8
commanderies. Une commanderie est, en droit, une seigneurie
ecclésiastique et, en fait, un établissement agricole
dont les bénéfices sont envoyés à Malte
pour contribuer à la lutte contre l’islam. Bonaparte ayant
chassés les Hospitaliers de Malte ils se réfugient
à Rome où ils s’installent définitivement en
1831. C’est actuellement un ordre souverain reconnu comme tel par
la République française.. L’ordre de Malte a
conservé sa vocation hospitalière et l’exerce
partout où l’on a besoin de lui.
Pour en savoir plus
- Le pays de St-Saturnin, d’Aydat à Montpeyroux (abbaye de
Randol, montagne de la Serre. Au fil de la Veyre et de la Monne. La
Sauvetat, Plauzat, Authezat) Collection « Terres vivantes
d’Auvergne », Edicentre. Editions Créer, 63340
Nonette (Tél : 04 73 65 57) 1 vol, 144p, 15€
- Châteaux villages et villes d’Auvergne au XVe
siècle, Gabriel Fournier, 1973, Droz éditeur à
Genève.